Le projet de centre bien-être

Le 4 avril 2019, les membres de la 1ère commission ont reçu une première présentation succincte du projet aujourd’hui intitulé Projet « Bourbonne 2020 » du Cabinet Détente Consulting dirigé par Monsieur Patrick Viceriat. Monsieur Noirot nous révèle tout d’abord qu’ils se connaissent depuis longtemps et que Monsieur Viceriat de Détente Consultants travaille avec le Groupe ARTELIA. Pourtant celui-ci avait quitté le groupe en Novembre 2018 pour fonder sa propre société dénommée Détente Consulting, ne pas confondre !

Toutefois, il est vrai que Monsieur Noirot le connait depuis longtemps.

Monsieur Viceriat, préalablement de la Société Détente Consultants, avait dés avril 2008 transmis conjointement avec Monsieur Bernard Riac une proposition d’intervention.


Il est anormal que Monsieur Riac puisse intervenir à ce stade embryonnaire du projet.

Qui dirige la ville ?
Monsieur Riac ou le Conseil Municipal ?

En mai 2008, le conseil délibère pour préempter l’Hôtel du parc en vue d’y créer l’espace de remise en forme. Le coût total de l’acquisition dépassera les 200 000€.

En juin 2008, un cahier des charges a été établi pour une étude de faisabilité de la réalisation d’un centre de remise en forme bien évidemment avec le Cabinet Detente Consultants !

En Août 2009 a eu lieu une première réunion et une nouvelle proposition d’intervention est rendue en mai 2010, sur les bases d’Avril 2008, telles que proposées par Mrs Viceriat et Riac.

Question : puisque Mrs Riac et Noirot semblent s’être mis d’accord depuis 2008, pourquoi attendre deux ans avant de rendre la relation officielle

Serait-ce pour noyer le poisson ?

Le Cabinet Détente Consultants a reçu près de 300 000€ entre 2009 et 2011 pour un projet qui n’a pu aboutir faute de financement.

Cout total du projet 32 millions €

Suivez ce lien pour lire l’article où ces détails ont été publiés: Cliquez

En 2011, Monsieur Noirot décide le rachat de l’Hôtel des Sources : 700 000€ plus les frais d’acquisition.

Contrairement à ce qu’a déclaré à plusieurs reprises Monsieur Noirot, certaines subventions n’étaient pas accordées et rendaient le projet impossible.

En 2013 tout était au point mort car en l’absence de financement de la Région, la commune perdait également les autres subventions (Etat, …) et le PER (qualification en Pôle d’Excellente Rurale) arrivait à échéance (JHM du 16 octobre 2013, page 5)

En 2013 Le projet était noyé !

Devant cette situation, il fallait concevoir un nouveau projet plus réaliste pour le rendre éligible. Le Cabinet d’Avocats de la commune de Bourbonne Les Bains (FIDAL) avait d’ailleurs, à la demande de Monsieur Noirot, transmis début 2014 un nouveau document en vue de la passation d’un futur marché d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage.

Fin 2014, la nouvelle équipe, démocratiquement élue fin Mars, mène une nouvelle réflexion en parfaite concertation avec Monsieur Riac. Un technicien expérimenté (dossier Aqualangres) est choisi en 2015. Dans le respect des règles de mise en concurrence, un Cabinet d’Assistance à Maitrise d’Ouvrage est sélectionné, en l’occurrence le Cabinet Gecat. Le Cabinet de Monsieur Viceriat, (Détente Consultants ou Artelia), ne s’est pas positionné.

Fin 2018, dès leur retour à la Mairie, Monsieur Noirot et son équipe décident de ne pas utiliser les services du Cabinet Gecat qui pourtant prévoyait l’ouverture du centre fin 2020 début 2021.

Que de temps et d’argent du bourbonnais perdus

Fin 2018, Monsieur Viceriat réapparait sur la scène bourbonnaise sous l’égide de sa toute nouvelle société Détente Consulting. Monsieur le Maire accorde un premier montant (22 950€ HT + frais), bizarrement juste en dessous du seuil des marchés publics fixant l’obligation de publicité. (N’oublions pas les 300 000€ versés précédemment).

Nous sommes maintenant dans l’attente du rendu de la mission.

La première présentation de la mission révèle entre autres :

  • Selon les experts consultés, les thermes de Bourbonne-Les-Bains souffrent d’un réel déficit d’investissement.
  • Objectif de la mission : rénovation des thermes : accueil, toiture, salles de soins, liaisons

Danger ! tous à vos porte-monnaie

Pour information, Monsieur Viceriat était en charge d’une étude de faisabilité pour les Bains-de-Baracci à Olmeto en Corse en 2017. Le projet se montait à plusieurs millions d’euros. Malheureusement il se situait en zone rouge, non constructible, et la commune d’Olmeto n’a donc pas souhaité reconduire Monsieur Viceriat dans sa mission.

Où sont passés les curistes ?

M. Noirot est Maire de Bourbonne depuis 1989, à l’exception des années 2014-2018. Notre dossier débute en 2004.

M. Riac vient de racheter la totalité des parts de la Compagnie des Thermes de Bourbonne Les Bains à M. Poncet, PDG de Therma-France, concessionnaire de l’établissement thermal depuis 1977. Valvital prend pied à bourbonne. . (Nous emploierons le nom de Valvital tout au long de cet article pour designer la Compagnie des Thermes de Bourbonne Les Bains).

En juillet 2004, Interviewé par le journal Les Echos spécialisé dans l’économie et les finances, M. Riac signale que le marché français des cures médicales est stagnant, que des investissements réguliers ont été réalisés pour répondre aux normes et se développer. Le même article précise que le nombre de curistes fréquentant la station est supérieur à 12000.

De fait, en 2003 il y a 12380 curistes à Bourbonne. Le marché national baisse légèrement jusqu’en 2009. Depuis il enregistre une croissance régulière. Le niveau 2018 est supérieur à 2003 de 12,5%. Ce marché est constitué à 85% de cures en rhumatologie et voies respiratoires, le créneau bourbonnais. Il n’y a donc aucune raison pour que Bourbonne ne suive pas la progression du marché.

Malheureusement la fréquentation bourbonnaise chute de 37,3% (7760 curistes en 2018). Cette chute prend fin en 2015, après l’intervention de l’équipe municipale menée par Mme Richard-Brice. L’expertise qu’elle a diligentée auprès de Valvital, a entrainé quelques investissements. Tout ceci a eu lieu dans un climat d’hostilité frisant l’hystérie; un crime de lèse-majesté avait été commis et M. Riac était froissé !

National + 12,5%, Local -37,3%, différentiel 50%.

Nous avons étudié l’impact de cette chute sur l’économie locale.

En 15 ans, ce sont près de 54 000 cures qui ont été perdues, soit un manque à gagner :

  • pour Valvital de 30,8 millions d’euros ( 570€ par cure)
  • pour la Commune de 4 millions d’euros (13% du chiffre d’affaires de Valvital)
  • pour l’Economie Bourbonnaise, sur la base d’un panier de 800€ par curiste (hébergement, repas, loisirs, …), ce sont 43 millions d’euros qui font défaut


Que s’est-il passé ? Nous n’avons aucune explication plausible.

Qui sont les responsables d’un tel désastre ?

Il n’y en que 2 possibles : Valvital et/ou la Municipalité.

Avant 2004, le concessionnaire investissait régulièrement pour maintenir et améliorer la qualité des équipements et services offerts aux curistes venant à Bourbonne. En 2004, la concession est vendue à Valvital. L’article 15 du cahier des charges de la concession précise que pendant toute la durée de la concession, le concessionnaire sera tenu d’exécuter, à ses frais, à l’établissement thermal et à ses dépendances, tous les travaux d’entretien, même ceux de grosses réparations et de construction nécessaires au maintien en bon état des installations, de manière à ce qu’elles conviennent toujours à l’usage auquel elles sont destinées. Les investissements qui avaient été réalisés jusqu’en 2004 pour rester aux normes et se développer, n’ont manifestement pas été poursuivis au-delà de 2004 bien que cela incombe au concessionnaire et à lui seul.

BourbonneInfo a financé l’obtention des comptes annuels de la Compagnie des Thermes de Bourbonne Les Bains enregistrés et publiés sur le site web Infogreffe. Il ressort que les bénéfices de l’exercice 2017 ont été affectés à 100% en dividendes à l’actionnaire unique, soit 248 000€. Nous présumons qu’il en a été de même les années précédentes.

Nous constatons que les bénéfices réalisés ne contribuent pas au maintien en bon état des installations, ainsi que le stipule le cahier des charges. Le manque à gagner consécutif à la chute inexplicable du nombre de curistes fait cruellement défaut.

Ce n’est pas au contribuable bourbonnais de financer la modernisation de l’établissement thermal. Il n’est pas responsable de la mauvaise gestion.

Qu’avez-vous fait, Monsieur le Maire, dans ce domaine au cours des 25 années où vous étiez à la tête de la commune? La modernisation de la cité n’a pas été entreprise, la voirie est délabrée, trop peu d’animations, trop peu d’éléments attirant le curiste à Bourbonne, l’aspect de la ville n’est pas encourageant. Les curistes se dirigent donc vers d’autres centres.

Ce qui n’a pas été fait, vous voulez le faire maintenant, très bien! Ce qui a été perdu ne se rattrapera pas. De plus, Il y a aujourd’hui de la concurrence sur le marché thermal et il y en aura d’autres demain, par exemple le Grand Nancy Thermal, horizon à 2022 avec Valvital pour concessionnaire.

Nous rappelons quelques-unes de vos réalisations :

  • La fontaine des thermes : sans commentaire.
  • Le détournement du ruisseau de Borne pour la zone d’activités du Breuil, conséquences : 2 graves inondations en 2001 et 2011.
  • L’usine d’embouteillage : 450 000€ de dépenses pour rien.
  • L’achat de l’Hôtel des Sources : 700 000€.
  • Etc …

Nous exprimons nos plus grandes réserves au regard de l’aventure dans laquelle vous voulez entraîner notre commune.

Les responsables du désastre ne sont pas les mieux placés pour réparer les dégâts.

Il n’est pas question que les bourbonnais
soient encore victimes ?

La concession des Thermes

La Compagnie des thermes de Bourbonne Les Bains

Retour dans le temps :

La concession de 1977 prévoyait une durée de 30 ans, jusqu’au 31.12. 2006. Un avenant de 1979 est ajouté prolongeant la concession jusqu’au 31.12.2022, puis un autre en 1984 la prolonge jusqu’au 31.12.2034.

Au fil des ans, huit avenants ont été ajoutés et il ne peut légalement y en avoir d’autres.

  • 1977 : l’Etat est propriétaire de l’établissement thermal qui est géré par Délégation de Service Public (DSP) par la Compagnie des Thermes de Bourbonne Les Bains dont le Président Directeur Général est Monsieur Jacques Poncet de la Société Therma-France.
  • 2004 : M. Poncet vend ses actions à la Compagnie Européenne des Bains dont le PDG est M. Riac opérant sous l’enseigne Valvital.
  • 2006 : la commune rachète à l’Etat l’établissement thermal et ses sources pour un montant de 4 600 000€. Refus du concessionnaire de cotiser au Syndicat des Hôteliers (50 chambres au Thermotel).
  • 2007 : menée par M. Noirot, une commission du thermalisme constituée des élus de l’époque, constate une baisse de 2385 curistes en seulement 3 ans.
  • 2011 : Suite à plusieurs retards de paiement de la redevance, le Maire demande au Trésorier d’exercer une surveillance égale à celle du Casino.
  • 2012 : le conseil municipal en séance du 31.7.2012 note le retard de production du rapport d’activité et l’insuffisance d’information comptable et financière comme la compréhension des relations société mère et filiale.
  • 2012 : cessation temporaire de paiement suivi d’un redressement judiciaire, (23 000€ restent dû à la commune).
  • 2013 : le Tribunal de Commerce de Paris arrête un plan de redressement judiciaire sur 7 ans pour permettre d’ «éponger » une créance exceptionnelle de 400 000€ suite au licenciement de l’ancien Directeur. En Octobre, le Préfet envoie un commandement d’effectuer les analyses des boues. Le concessionnaire doit gérer ses boues/déchets.
  • 2014 : annoncé l’année précédente, refus du concessionnaire de cotiser à l’Office du Tourisme, (perte d’environ 22 000€).
  • 2015 : suite à plusieurs interventions des services de l’Etat, début de l’évacuation des boues vers un site de compostage suggéré par la municipalité en place.
  • 2016 : mise à disposition d’un terrain de stockage des boues pour évacuation.
  • 2017 : aménagement d’un chemin d’accès à l’arrière des thermes pris en charge pour moitié par la commune et promis par M. Noirot depuis 2006.

Depuis 2004, la baisse importante du nombre de curistes est de près de 3500 à Bourbonne Les Bains. Pourtant en dix ans, la fréquentation des centres thermaux a augmenté de 25% en France (Conseil national des Établissements thermaux CNETh).

On se demande pourquoi

La commune perçoit une redevance annuelle d’environ 550 000€, chiffre quasiment constant depuis 2004 qui a servi au remboursement de l’emprunt sur 10 ans souscrit en 2006 pour le rachat des bâtiments à l’Etat pour un montant de 4 600 000€. L’emprunt s’est terminé fin 2015 et la redevance revient à la commune.

Par contre, M. Noirot (Maire) a d’ores et déjà annoncé qu’il fallait garder la redevance en réserve.

On se demande pourquoi

Il s’agit de l’argent des bourbonnais

Sous la Présidence de M. Poncet, l’Etat, propriétaire des murs, n’a pas dépensé un seul centime et le concessionnaire a pris entièrement à sa charge la reconstruction et l’aménagement des thermes actuels avec par exemple l’installation de 80 baignoires. Bourbonne était ainsi devenue la première station française à utiliser l’informatique. L’entretien était méticuleux et les investissements conséquents.

En 2004, les thermes étaient en parfait état de fonctionnement. La commune aurait pu alors se positionner pour reprendre la concession. Cela aurait permis l’instauration d’un conseil d’administration constitué de tous les partenaires économiques de la commune (Syndicat d’économique mixte par exemple) s’assurant d’une transparence nécessaire. Les bénéfices générés seraient automatiquement revenus aux administrés et non pas à une société privée.

M. Riac a récemment fait savoir publiquement que des travaux seront nécessaires. M. Noirot a-t-il l’intention de les financer en lieu et place du concessionnaire ?

Article 15 du contrat de concession : Travaux d’entretien

Pendant toute la durée de la concession, le concessionnaire sera tenu d’exécuter, à ses frais, à l’établissement thermal et à ses dépendances, tous les travaux d’entretien même ceux de grosses réparations et de construction nécessaires au maintien en bon état des installations, de manière à ce qu’elles conviennent toujours à l’usage auquel elles sont destinées.

M. Noirot a sans doute l’intention de rivaliser avec les élus de Lons le Saunier. Ceux-ci ont en effet accepté de financer des travaux pour le bénéfice du concessionnaire à hauteur de près de 2 millions € (La Voix du Jura du 19 Octobre 2018)

On se demande pourquoi

Il s’agit de l’argent de leurs administrés

Pour l’avenir de Bourbonne et le bénéfice des bourbonnais, il faudrait dés aujourd’hui envisager d’autres possibilités de gestion. D’autres communes thermales l’ont fait.

Les thermes appartiennent aux bourbonnais pas au concessionnaire, ni à M. Noirot