Un demi-siècle de démolitions

Lettre d’un lecteur reçue le 1er février 2021

Les personnalités citées dans l’article de M. THENARD dans LA VOIX DE LA HAUTE-MARNE DU 29 janvier 2021 : Bourbonne, une pépinière de célébrités se retourneraient dans leur tombe s’ils voyaient l’état de notre ville aujourd’hui en 2021. Plus rien de prestigieux, mais un mélange de modernité et de misère. Plus rien qui ressemble à une station thermale.

Les personnes qui ont géré notre ville depuis quelques décennies, dont le maire actuel, ont commis un véritable saccage.

Je ne cite que quelques destructions :

  • L’ancien Établissement thermal
    Très beau bâtiment du 19ème siècle. La photo est dans l’article de M. THENARD
  • Le château de Montmorency
    Construit en 1720, il a servi de villégiature aux enfants des rois de France. Rasé le jour où son classement comme monument historique devait être publié
  • Le Temple protestant
    rue Amiral Pierre
  • La Synagogue séfarade
    rue des Capucins
  • L’Hôpital thermal des armées
    Bâtiment du second Empire en parfait état, rasé parce que les hôteliers craignaient une possible concurrence (rachat par le Club Med. Etc.). Les débris de démolition ont été jetés dans un bras de la rivière l’Apance, ce qui a occasionné plusieurs inondations qui ont définitivement dévalorisé tout un quartier
  • Le cinéma Vox
    La Place de la Libération, salle en parfait état
  • L’ancien Parc Thermal
  • Les colonnes romaines du Parc Thermal
    Pour faire place au Casino. Monsieur le Maire s’est laissé prendre en photo il y a quelques années devant les débris de ces colonnes planquées dans une grange. La démolition de monument historique n’a toujours pas été légalisée. On est aux frontières du pénal

Cette liste de démolitions est loin d’être exhaustive

On a remplacé tous ces bâtiments historiques par la laideur de la modernité. Des touristes cultivés qui visitent le « Centre thermal » avec son casino à la décoration de fête foraine et avec la fontaine en béton que certains appellent « le mur de la honte » s’enfuient rapidement et visitent des stations thermales qui ont su garder leur cachet d’origine et dont notre région ne manque pourtant pas. Le nouvel établissement thermal de 1977, qui a « le charme » d’un bâtiment administratif de la région parisienne – souffre d’ores et déjà du « syndrome du bâtiment malade ».

La nouvelle pancarte touristique installée pendant le confinement de l’an dernier le long des principales routes d’accès est un véritable bras d’honneur que les démolisseurs envoient aux défenseurs du patrimoine. On y apprend que Bourbonne-Les-Bains est une station thermale « et de loisirs », on voit une femme dénudée dans une piscine devant la coulisse du casino – en toute lettres sur la pancarte installée avec le budget du Ministère de la Culture.

On se moque du monde. Ce type de panneau culturel est utilisé partout ailleurs pour signaler des curiosités historiques et naturelles (la villa gallo-romaine d’Andilly, Diderot et l’encyclopédie à Langres, etc.) Rien de culturel ou historique sur le panneau bourbonnais. Une publicité mensongère (il n’y a pas de piscine thermale grand public à Bourbonne) et illégale (publicité pour un établissement de jeux avec l’argent du contribuable).

Tout ceci ne peut plaire qu’à un public avec un quotient intellectuel inférieur à 90. C’est ce public que les élus locaux ont privilégié. Et le résultat est là : Bourbonne est aujourd‘hui un désert culturel. Également un désert économique avec de nombreuses maisons abandonnées, certaines brulées et de nombreuses friches de démolition.

Les Bourbonnais ont perdu les racines et les ailes.

Joachim OZDOBA

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de